Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : GSF
  • GSF
  • : blog de la fraternité Saint François
  • Contact

Cholettre

Contact

15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:01

Nous sommes au seuil du triduum pascal. « Ote tes sandales, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »Exode 3,5

Comme Moïse devant le buisson ardent, préparons nos cœurs, entrons avec la Vierge Marie dans le silence et le recueillement, car nous sommes devant un grand et splendide mystère.

Ces trois jours saints sont le cœur de l’année liturgique. Nous y célébrons le cœur de notre foi, non comme un souvenir, mais comme un évènement actuel.

En effet, la liturgie rend présent les évènements qu’elle célèbre. Nous devenons ainsi contemporains des évènements. Ce que nous célébrons nous concerne donc de très près ! « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Jésus les aima jusqu’à la fin. » (Jn 13,1).

Ce triduum nous met en contact direct avec l’amour fou de Dieu qui nous a aimé jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. « Il m’a aimé et s’est livré pour moi. » (Ga 2,20). Les juifs célèbrent la fête de la Pâque en faisant mémoire de la libération d’Egypte comme de leur propre histoire personnelle. « Chacun doit se considérer comme s'il était lui-même sorti d’Egypte. »(La Haggadah enluminée).

Que chacun de nous entre aussi en ces jours saints avec cette conscience qu’avait Saint Paul que le « Christ m’a aimé et s’est livré pour moi. » Pour moi. « Chacun de nous peut dire : Il m’a aimé et s’est livré pour moi. Chacun de nous peut dire : pour moi. » (Pape François).

Le Jeudi saint, la messe chrismale est le prélude au Triduum pascal. Lors de cette messe est consacrée l’huile chrismale qui servira pour les baptêmes, les confirmations, les ordinations, le sacrement des malades. Cela nous rappelle que le mystère pascal de la mort et de la résurrection de Jésus est la source de tous les sacrements. Ils puisent tous à cette source de la croix et nous communiquent la vie nouvelle du Ressuscité.

Lors de la Cène, le Seigneur nous fait le don de son Corps et son Sang, anticipant ainsi le don de sa vie sur la Croix et faisant de sa mort un acte libre de don de lui-même. « Ma vie nul ne la prend, mais je la donne de moi-même. » (Jn 10).

A genoux devant ses disciples et devant chacun de nous, le Créateur lave les pieds de ses créatures, mendiant à la porte de notre liberté que nous acceptions son amour gratuit, immérité de notre part. Et cet amour reçu nous engage à faire de même pour nos frères. « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jn 13,34) « Heureux êtes-vous si vous le faites. » (Jn 13,17)

A l’invitation de Jésus à « veiller une heure » avec lui, nous demeurons ensuite avec lui dans la prière à Gethsémani, où il ressent tristesse et angoisse. Dans sa tendresse, il a en effet pris sur lui tous nos sentiments. « Il a pris mes tristesses pour me donner sa joie. »(Saint Ambroise).

Nous pouvons donc vivre cette nuit du jeudi saint au vendredi saint comme une heure sainte de libération.« De même qu'en sa chair il détruit nos péchés, de même l'angoisse de son âme détruit l'angoisse de la nôtre. »(Saint Ambroise)

Le Vendredi Saint, à l’heure de la Croix, « tout est achevé » (cf. Jn 19,30) Sainte Catherine de Sienne nous dit que cette parole est un cri de « joie immense » de la part de Jésus, joie de (Saint Macaire l'Egyptien)l’accomplissement de notre salut, comme s'il disait: « J'ai consommé le désir douloureux que j'avais de racheter l'humaine génération, je me réjouis maintenant et j'exulte.. »(Sainte Catherine de Sienne) « Et inclinant la tête, il remit l’Esprit.» (Jn 19,30) Par sa mort, il nous donne son Esprit, sa vie, il se communique Lui-même.

Comment mieux vivre ce jour qu’en accueillant le bonheur infini qu’il nous a obtenu par sa Croix ? En vénérant la croix avec reconnaissance, chacun peut s’écrier : Je suis voulu, je suis aimé, je suis sauvé.

Le samedi saint est le jour du mystère de la descente aux enfers où Jésus vient tirer des enfers Adam et toutes les âmes qui y étaient prisonnières. Mais « Ne pense pas que ces choses soient très éloignées de celles qui s'accomplissent encore maintenant. Crois-moi, le cœur est un sépulcre que le Seigneur visite pour nous arracher à nous-mêmes et nous donner à lui. » A nous aussi, le Christ lance cet appel: « Lève-toi car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici dans cet enfer ! Relève-toi d'entre les morts, je suis la Vie des morts. »

Ce jour est un jour de Grand Silence et le sacrement du pardon nous est proposé comme merveilleux instrument pour sortir de tous nos enfers et nous laisser illuminer par la lumière de Jésus.

Et lors de la vigile pascale, sainte nuit, plus lumineuse que le jour, éclate notre Alléluia pour la victoire de Jésus, la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine. Non, le mal n’aura pas le dernier mot, la Résurrection de Jésus nous en donne l’assurance. « Le Christ est Ressuscité des morts, par sa mort, il a triomphé de la mort, il nous délivre du tombeau pour nous donner la vie ». Dans la joie d’être sauvés, nous osons même chanter : « Bienheureuse faute d’Adam qui nous valut un tel Rédempteur. »

Au moment d’entrer dans ce Triduum, il ne s'agit donc pas de dissimuler notre péché comme Adam se cachant après sa faute, mais de se livrer au contraire avec toute notre misère à Jésus notre Sauveur puisque c’est pour les pécheurs qu’il est venu et que c’est au cœur de cette misère que resplendit la lumière de sa Résurrection.

Alors débordants d’action de grâce nous pourrons à notre tour donner notre vie pour nos frères, aimer en faisant le premier pas vers l’autre, comme Dieu qui toujours nous aime le premier.(cf 1 Jn 4,10)

Partager cet article

Repost 0
Published by GSF
commenter cet article

commentaires