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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 21:23

http://ts4.mm.bing.net/th?id=H.4987810805645815&pid=15.1

Voici le témoignage trouvé sur le site Benoit-et-moi du foueur de foot Franz Beckenbauer:

 

"C'était l'année qui précédait la Coupe du monde en Allemagne. En tant que président du comité d'organisation, avec une petite délégation, je visitais les 31 pays dont les équipes nationales s'étaient qualifiés pour la finale. Nous avons défini notre entreprise «Welcome-Tour», entendu absolument à la lettre: nous voulions montrer aux gens, dans leurs pays respectifs, que nous appréciions leur équipe et tous les supporters qui viendraient en Allemagne pour soutenir leur équipe nationale.

Fin Octobre 2005, nous sommes arrivés à Rome, venant de Lisbonne. De là, nous devions aller à Varsovie. Je crois que c'était un mardi. Dans la soirée, à la Villa Miani - où l'on peut profiter d'une vue splendide sur les toits de la ville éternelle - il y avait une réception. A cette occasion, j'ai revu des joueurs, contre lesquels nous avions perdu la Coupe du Monde de 1970, la spectaculaire demi-finale qui s'est inscrite dans l'histoire comme le match de football du siècle (ndt: L'Italie a gagné par 4 buts à 3). Mais il y avait aussi Claudio Gentile, Giancarlo Antognoni et Dino Zoff, les champions du monde de 1982. Ce fut une soirée vraiment réussie.

Le clou de notre séjour à Rome, toutefois, était prévu pour le lendemain. Comme chaque mercredi, place Saint-Pierre, des dizaines de milliers de personnes se rassemblaient pour l'audience générale du Pape. Et parmi eux cette fois il y avait aussi notre petite délégation: Wolfgang Niersbach, Fedor Radmann, Rudi Voller, Marcus Höfl et moi. Le temps n'aurait pas pu être plus beau. Un ciel limpide et bleu, la place devant la basilique Saint-Pierre, resplendissait dans la lumière du soleil.

Parfois la vie nous conduit par des voies mystérieuses. Un mois et demi plus tôt, je fêtais mes soixante ans et quelqu'un m'avait demandé ce que je voulais pour cette journée. Ma réponse a été: «Je voudrais rencontrer le pape en personne».
A ce moment, Joseph Ratzinger n'était pas pape depuis longtemps, depuis à peu près six mois. Je me souviens encore du plaisir que m'avait donné son élection. Un pape allemand, en plus bavarois, un compatriote. En le voyant à la télévision, il m'avait fait une impression sympathique, presque paternelle.
Enfant, j'ai été élevé dans la religion catholique. C'était important surtout pour ma mère. Elle était croyante, elle allait à l'église régulièrement, jusqu'à un âge avancé. Elle m'a donné beaucoup pour la vie ... des valeurs qui sont importantes, et certaines qualités morales, mais aussi la foi, justement. Quand j'étais petit, naturellemnt, j'étais enfant de choeur dans notre paroisse à Munich-Obergiesing. Plus tard, j'ai aussi fait partie de la jeunesse catholique. Mais à un certain moment le football est passé au premier plan, et j'ai donc une peu négligé les chemins de la foi.

Ce jour-là, donc, nous étions sur la place Saint-Pierre de Rome, un peu à l'écart, dans un endroit séparé du reste des spectateurs. A cela, il y avait une raison. En effet, tout à la fin de l'audience générale, quand il eût prononcé ses dernières paroles, le Pape Benoît XVI est venu vers nous. A côté de lui, il y avait Georg Gänswein, son secrétaire personnel, qui nous avait organisé de manière digne de reconnaissance, cette petite audience privée. Soudain, tous les deux se trouvèrent en face de moi ... et le Pape me tendit la main.
Il est difficile de décrire ce moment. Le charisme qui émane de cet homme, sa sérénité intérieure, sa dignité et sa cordialité: tout cela m'a profondément impressionné. J'ai rencontré beaucoup de personnalités, mais cette rencontre a été quelque chose de spécial, certainement l'un des moments les plus émouvants de ma vie, que je n'oublierai jamais.

Auparavant, bien sûr, j'avais pensé à ce j'allais dire au Saint-Père. Je ne m'attendais certes pas à ce qu'il soit intéressé, ou à ce qu'il s'y connaisse en football. Mais même dans ce cas, il m'a surpris. C'est lui qui a commencé à me parler. Il voulait savoir, par exemple, comment avançaient les préparatifs de la Coupe du Monde, si les travaux dans les stades seraient terminés à temps, et comment serait notre équipe nationale. Il pensait qu'à ce moment, elle était très forte. Je ne voyais pas exactement les choses de la même manière. Alors, j'ai dit qu'au moins, notre équipe nationale était sur le point de devenir une bonne équipe. À quoi il sourit avec bienveillance.
Au cours de notre brève conversation, j'ai remis au Pape le fanion officiel de la Coupe du Monde 2006. Il m'a remercié et nous a souhaité bonne chance, à moi et à l'équipe nationale pour le championnat joué dans notre patrie, qui est certes encore sa patrie Et puis il a ajouté: «Je regarderai beaucoup de matches à la télévision».

De l'instant où je lui ai remis le fanion, il y a une photo qui nous montre tous les deux, le Pape Benoît XVI et moi. Aujourd'hui, quand je voyage, j'ai toujours avec moi cette image. Je la mets dans ma valise, au-dessus du reste.

Plus tard, pendant les jours du championnat du monde, à l'été 2006, j'ai repensé à la rencontre de Rome et aux paroles du Pape. J'étais à Berlin, dans ma chambre d'hôtel, à travers la fenêtre, je pouvais regarder au-delà de la Porte de Brandebourg, la Fanmeile ("millier de supporters": endroit où, durant la coupe deu monde, des écrans géants avaient été installés. La "fanzone" pouvait contenir plus de 900 mille supporters). Un million de personnes, provenant de différents pays, de couleurs de peau différentes, appartenant à toutes les religions, s'étaient rassemblés là et célébraient une grande fête. C'est ainsi - pensais-je - que Dieu doit avoir imaginé le monde.

Les médias ont ensuite parlé de la Coupe du Monde comme d'un «conte de fées d'été» et d'une certaine façon, elle l'a vraiment été. Il y eut beaucoup de matches passionnants, notre équipe est allée de l'avant, même si ce n'était pas suffisant pour remporter le titre. Mais surtout, les innombrables personnes qui étaient venues en Allemagne s'étaient bien entendues ensemble, comme s'ils appartenaient tous à une grande famille. Je ne peux pas le dire avec certitude, mais peut-être que les souhaits que le pape nous avaient adressés pour la Coupe du monde ce jour-là, sur la place Saint-Pierre, avaient contribué à ce climat.

La rencontre avec le pape Benoît XVI a changé quelque chose dans ma vie. Depuis lors, j'ai recommencé à aller à l'église plus souvent. Quand le Pape est venu en Allemagne peu de temps après la Coupe du Monde, j'ai lu tous les discours prononcés lors de sa visite. Dans chacun, à chaque fois, il répétait: «Allez à l'église et convertissez-vous». Je l'ai pris à cœur.

Certes, je vais à l'église de préférence seul, et surtout le matin, après avoir amené les enfants à l'école. Près de l'école il y a une petite église. Il y a rarement quelqu'un si tôt le matin. La plupart du temps, je suis tout seul. Alors, je goûte le calme et je prie. Ce sont des prières d'action de grâce. Avec moi, Dieu a toujours été miséricordieux, j'ai eu beaucoup de chance dans la vie: tout cela a été un grand don.
Et quand je ne peux pas aller à l'église, je prie chaque jour le «Notre Père». Pour moi, c'est la prière au-dessus de toutes les autres. Elle me donne la force et l'énergie, elle m'aide à faire face à la routine quotidienne et à être là pour ma famille."

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