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  • : blog de la fraternité Saint François
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tau3
Cet enseignement, fait au GSF en janvier 2010, n’est pas de lecture facile : car outre le fait que ce sont des notes (encore une fois) à partir duquel fut fait l’enseignement, il est aussi plus « théologique" que les autres ; mais c’est là sont intérêt : il nous dit quels sont les appellatifs que François utilise pour parler de Jésus (on appelle ça des « titres christologiques ») ; cet enseignement, inséré dans le thème d’année « Allez je vous envoie » (Mt 10) », vise à comprendre qui est ce « Je », ce Jésus qui nous envoie, vu par François : il nous aide ainsi à mieux entrer dans l’amour que voue François à Jésus, comment Jésus se révèle à ce Fou de Dieu, et comment nous pouvons nous laisser interpeller nous aussi par cet amour ; alors nous pourrons déceler, à partir de l’identité de Jésus vue par Saint François, notre identité et nos attitudes de missionnaires : quelques-unes sont ébauchées, à toi de compléter la liste…
             
                           Père Daniel-Marie


Images et titres utilisés par François :

- « Verbe divin, Fils du Père et vrai Dieu, Seigneur » : tout en étant fasciné par l’humanité de Jésus, à travers elle c’est le Christ glorieux qui se révèle. C’est le Verbe « si digne, si saint et si glorieux » que le Père a révélé aux hommes et introduit dans l’histoire des hommes par Marie. Au sens glorieux du terme, on trouve le mot « Fils »  43 fois dans les écrits de François.

Le mot Seigneur revient 400 fois dans les écrits, presque toujours en référence à Jésus : cela dit la très haute considération de François pour Jésus, dans un contexte médiéval où le Seigneur était maître incontesté de la vie et de la mort de ses sujets. Donc Jésus est le Maître à qui nous devons obéissance: « vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien car je le suis ».
« Maître » ontologiquement : dans la dimension de l’être c’est à dire de la vie et de l’Amour (« Dieu EST Amour »): l’obéissance n’est pas une option si nous voulons rester en Vie : dans l’amour et dans la  joie. Nous sommes libres, oui, mais l’obéissance coule de source, elle est logique dans la dimension de l’Amour. Sa Seigneurie est à la fois un choix et une évidence, A LA FOI un choix et une évidence, et l’obéissance une conséquence et un plaisir…

Il est ROI d’AMOUR. Lorsque je me prosterne devant sa majesté divine, je suis transformé en lui, élevé par lui dans sa dignité royale ; plus je m’abaisse devant lui, plus il m’élève car plus je m’abaisse plus je lui ressemble dans son abaissement et plus je lui ressemble dans sa royauté d’Amour. Plus je m’agenouille, plus je me prosterne, plus je suis debout dans la Gloire d’Amour.



- « Fils bien-aimé du Père, Premier-né de l’humanité » ; ici l’attention se dirige sur nous : Christ est le modèle auquel nous devons tendre ; et cela serait advenu même si l’homme n’avait pas péché (spécificité de la réflexion franciscaine) ! Dans le kaléidoscope des façons d’être homme et femme, Christ est le centre unificateur de tout, celui qui est la plénitude de tout, modèle et matrice de toute perfection, accomplissement de tous nos efforts, unité de nos différences.
…….. Le louer : « Digne est l’agneau qui a été immolé, d’être appelé Dieu fort, sage et puissant, de recevoir honneur et gloire, et d’être proclamé béni, -louange et gloire à jamais ! » (« Louanges pour toutes les heures »)
……. L’adorer

- « rédempteur et sauveur » : la rédemption est advenue une fois pour toutes par la pâque de Jésus ; mais notre salut doit encore s’accomplir si nous nous associons, dans le présent et dans le futur à son œuvre de vie
………… méditer sur les conséquences de sa venue dans notre humanité : réflexion théologique sur le péché, la grâce…

- « vrai homme dans la fragilité de notre chair » : ici le regard descend des hauteurs des cieux jusqu'à notre terre ; l’incarnation remplit François de stupeur : il suffit de penser à la crèche : « Le Père Très-Haut annonça que son Verbe, si digne, si saint et si glorieux serait venu du Ciel ; il l’annonça à la Vierge Marie, de laquelle il reçut sa chair de notre fragile humanité ». François place cet événement de la descente du Verbe dans notre monde dans contexte de Grâce, de miséricorde, de condescendance de la part de Dieu le Père vis-à-vis de  l’homme
François se place dans le contexte spirituel de son époque et dans la lignée de grands penseurs comme Bernard de Clervaux qui regardent Jésus le Christ dans son humanité, alors qu’auparavant toute la théologie contemple presque exclusivement la Gloire du Christ Pantocrator : Dieu était lointain et inaccessible. François fait expérience d’un Dieu proche et homme, vulnérable (=blessable !) qui lui parle dans la vision de Saint Damien ; c’est aussi ce même Jésus qu’il rencontre par exemple dans le lépreux : « François se mettait à rendre aux lépreux tous les services possibles, toujours humble et très humain, à cause du Christ crucifié qui, selon la parole du prophète a été considéré et méprisé comme un lépreux (Is 53,3) (LM 1,6).
……. Aimer notre humanité ; contempler la kénose ; concrétiser notre amour et notre réflexion comme François devant la crèche par exemple

- « Voie, vérité et vie de l’homme » : parce que le Christ est la voie qui non seulement conduit à la vérité et à la vie, mais qu’il est lui-même la vérité et la vie, François déclare plus d’une fois qu’il veut assimiler la vie humaine historique vécue par le Fils de Dieu, pour participer ici et maintenant à la vie de Dieu.
….. attentifs à la vie des autres ; utiliser les instruments à portée de main (psychologie, films, romans…) : Jésus m’invite à connaître le cœur de l’homme, sa réalité et sa destinée profondes et ne pas me fier à son apparence


- « Parole du Père ». François cite Jésus en Jean 17,8 : « Les Paroles que tu m’as données (Jésus s’adresse au Père), je les leur ai données », en soulignant la transmission directe à travers un Dieu qui a une bouche et un cerveau humains pour nous communiquer directement la voix de Dieu. François veut donc SUIVRE de façon toute particulière la doctrine du Seigneur qui dit : « si tu veux être parfait… puis viens et suis-moi ». Cette parole continue d’être parole de salut maintenant dans le présent. De cette conscience François tire appui pour exhorter ses frères à avoir un très haut respect pour toutes les Paroles du Seigneur car elles sont sa propre présence ; de même à honorer les prêtres qui l’annoncent et les théologiens qui l’enseignent.
Jésus est la Parole éternelle du Père, prononcée un jour dans le temps et continuellement maintenue en vie par la puissance de l’Esprit à travers le ministère de l’Eglise.
Jésus est donc Parole vivante.
……… Connaître l’Ecriture, la ruminer, la citer,
……… comme lui, si on a ce talent, savoir enseigner, raconter (paraboles, similitudes, images)



- « Maître, sagesse, lumière ». Il dit par exemple à Marie : « Prie pour nous  ton Fils très saint, notre Seigneur et Maître… » (Antienne à Marie dans l’Offpass). Christ est le maître venu nous libérer e la fausse sagesse du monde, des ténèbres de l’ignorance, sagesse divine qui nous guide concrètement sur les chemins du salut.
………… se laisser enseigner sans cesse intérieurement ; rester « branchés »

- « Pauvre, humble, pèlerin, hôte »
Pauvre, dans sa dimension de vie sur la terre, concrètement ; humble, dans sa dimension d’abaissement car il est le Très haut.
Ce geste d’humilité il le répète : « chaque jour dans l’eucharistie il s’humilie, chaque jour il vient à nous en apparence humble » ; « et ainsi il s’humilie au ont de se cacher, pour notre salut, en une petite apparence de pain ».
En Jésus pauvre et humble François voit aussi l’hôte et le pèlerin ; ce sont des images courantes au temps de François, mais lui les souligne dans la dimension de l’abaissement de celui qui a quitté son trône, sa vraie demeure dans les cieux, et ceci pour nous montrer le chemin, quelle est notre vraie patrie. Cela nous dit que nous sommes en situation d’exode, et que nous soulignons par notre vie, de façon prophétique l’absolu du futur en Christ à travers le détachement de tout ce qui n’est pas en Dieu.
 Doux et humble de cœur
………. Vivre dans un climat de confiance,
 nu : Christ meurt nu sur la croix nu ; et François aussi meurt nu sur la terre nue, après avoir fait ce geste prophétique de se dépouiller nu devant l’évêque pour manifester une pauvreté où Dieu pourvoit (aussi : retour à la nudité originelle, à l’innocence qui est communion pleine avec Dieu)
 …….. Le choix de la pauvreté franciscaine est avant tout pour être comme Jésus : « voyant que celle qui avait été la compagne habituelle du Fils de Dieu était devenue l’objet d’une répulsion universelle, il eut à cœur de la prendre pour épouse et lui vouer un amour éternel » (LM ,1).
    La fécondité apostolique, la dimension ascétique viennent ensuite ; elles ne sont pas premières ; notre but est de nous unir au Christ, de l’aimer en vivant avec lui comme lui et de lui ressembler. Alors nous serons aussi missionnaires, comme lui est missionnaire. Nous n’utilisons pas un moyen d’apostolat : nous vivons dans l’amour du missionnaire qui nous rend missionnaires.
……. Comme Lui donné au présent, à la providence, libre : « le Fils de l’homme n’a pas de pierre où reposer sa tête »

-  « Fils pauvre de la Vierge pauvre ».
Si Jésus appelle à la pauvreté, à sa suite c’est que lui-même « étant riche de toutes choses voulut en ce monde choisir la pauvreté avec sa très sainte Mère ». Cette pauvreté, il l’a choisie « pour nous »
« Moi  Frère François, petit, je veux suivre la vie et la pauvreté du très haut Seigneur Jésus Christ et de sa très sainte Mère et persévérer en elle jusqu’à la fin ».
………. L’aimer, la connaître, la prier, lui obéir, se consacrer à elle (comme… Jésus par son obéissance filiale ! comme Kolbe)
………. Lui inventer des louanges, comme François :
 « Salut, Marie Dame Sainte,
reine, sainte Mère de Dieu,
tu es la vierge devenue Eglise ;
choisie par le Très Saint Père du Ciel
consacrée par lui comme un temple
avec son Fils bien-aimé et l’Esprit Paraclet ;
toi en qui fut et demeure toute plénitude de Grâce
et Celui qui est tout bien.
Salut Palais de Dieu !
Salut, Tabernacle de Dieu !
Salut, Maison de Dieu !
Salut, Vêtement de Dieu !
Salut Servante de Dieu !
Salut, Mère de Dieu ! » (Salutation à la Vierge Marie)


- « serviteur » ; citations dans les écrits de François : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pur servir » ; « que tous s’appellent frères mineurs ; « et qu’ils se lavent les pieds les uns au autres »
…………..  serviteurs de la joie des autres ; porter la joie

- « Le Fils bien-aimé qui prie le Père pour les hommes ses frères » : « conservons toujours les paroles, la vie et la doctrine et le saint évangile de Celui qui a daigné prier pour nous son Père et nous manifester son Nom en disant : Père ». Jésus est frère au milieu de frères, et en temps que premier né, il le loue, le bénit et lui rend grâce et en même temps intercède pour que son plan de salut arrive à son accomplissement à notre faveur.
………… confiance ; entrer nous aussi dans l’intercession comme un charisme à développer en union avec la vie de Jésus intercesseur


- « pasteur et évêque »… développé durant le chapitre de février

- « crucifié et Seigneur, agneau immolé et glorifié » ; plus que dans ses écrits, où pourtant nous retrouvons cela dans l’office de la passion, c’est surtout dans la double expérience du crucifix de saint Damien et du séraphin de l’Alverne que nous pouvons trouver cette double figure de Jésus qui nous fait passer dans sa Gloire en même temps que lui.
 « Homme des douleurs qui connaît bien la souffrance » (Is)
……… Toutes les limites, toutes tes limites deviennent des passages pour honorer Dieu et servir tes frères : kaïrè, kaïrè : réjouis-toi !!! Tu as trouvé la source de la JOIE PARFAITE !!!


 

 

 

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