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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 15:00

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    « Père entre tes mains je remets mon esprit » Lc 23,46

 

Voici la dernière parole de Jésus avant de mourir. Celle avec laquelle il se livre totalement. Lui qui est la Vie ne peut mourir sans donner son accord, mais il accepte que son âme soit arrachée de son corps dans ces atroces souffrances, pour nous : ce sont nos péchés qui l’ont tué, nos lâchetés et nos hypocrisies l’ont humiliés, et sont la couronne d’épines et les crachats et  sur sa face, nos manques d’amours, nos égoïsmes sont les coups de fouets déchirants sa chair, nos jugements, notre désir de domination sont des clous qui transpercent ses pieds et ses mains, notre indépendance, nos refus d’accueillir Son amour : le bois de la croix qui l’a fait tomber par trois fois et sur la quelle Il est cloué. Seigneur mets nous en vérité avec nous même et avec Toi ! Contemplons le sur la croix!

 Car ses trois premières paroles ont montré qu’Il n’est que miséricorde : Il nous connaît et Il nous aime…tellement qu’Il nous ouvre la route et nous porte pour nous sortir de nos chemins de morts. La quatrième et la cinquième parole nous révélaient quelque chose de l’ampleur de son agonie. Christ a souffert, Christ est mort… Cette souffrance il la transfigure : Jésus n’a pas souffert pour nous éviter toute souffrance, même si il a souffert plus qu’aucun n’a jamais souffert, mais il transforme par sa croix la souffrance qui fait partie de la vie et que chacun connaît, en chemin de Vie ! il porte nos souffrances avec nous et nous invite à le suivre : celui qui m’aime qu’il prenne sa croix et qu’il me suive !

Comme le dit si bien le cardinal Journet : « il a changé la souffrance humaine en souffrance chrétienne et délivré le monde du désespoir » Il ouvre la route par sa croix, nous encourageant à porter les nôtres a sa suite et montre qu’elles mènent au Ciel, à la Gloire. Joie et Paix à ceux qui cherchent Dieu.

Par Son Esprit, Esprit qu’Il nous livre en rendant l’âme et dont chaque chrétien est appelé à vivre ; vivre par Lui, avec Lui et en Lui . Sa dernière parole alors qu’il fait l’expérience aussi du sentiment de l’éloignement de Dieu (paradoxe foudroyant, souffrance et déchirement inimaginable) est une parole d’abandon total entre les mains de Son Père devenu le nôtre, parole de confiance, parole d’amour. C’est la prière que les enfants juifs récite chaque soir avant de s’endormir et que Marie lui avait apprise. Abba, (=mon petit papa), entre tes mains je remet mon esprit, par amour je me donne, me livre tout entier, pour Ta Gloire et le Salut du monde.

 

Nous aussi par Son Esprit, l'Esprit de Jésus, le Saint Esprit, reçu pleinement lors de notre baptême, ravivé dans le sacrement de la confirmation, que nous puissions laisser jaillir ce prix qui reconnaît pleinement Dieu pour Père, et un Père dont les entrailles frémissent d'amour: Abba, mon petit papa!

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 02:07
voici une homélie de Sévérien de Gabala (vers 400, évêque) sur l'Evangile d'aujourd'hui, le lavement des pieds (St Jean 13, 1-15) :


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" Le monde visible proclame la bonté de Dieu, mais rien ne la proclame aussi clairement que la venue de Dieu parmi les hommes. Ainsi, celui qui était dans la condition de Dieu a pris la condition de serviteur. Il n'a pas rabaissé sa dignité, mais magnifié son amour pour les hommes. Et le mystère redoutable qui s'accomplit aujourd'hui nous fait voir les conséquences de cet abaissement. Mais de quel événement faisons-nous mémoire aujourd'hui? Le Sauveur a lavé les pieds de ses disciples.

Vraiment, en assumant tous les traits de notre humanité, le Maître de l'univers a revêtu la condition de serviteur, et il l'a fait d'une manière très caractéristique de l'action de Dieu dans l'Incarnation, lorsqu'il se leva de table. Celui qui pourvoit à la subsistance de tous les êtres sous le ciel était assis à table parmi ses Apôtres, le Maître parmi les esclaves, la source de la sagesse parmi les ignorants, le Verbe parmi des hommes sans instruction, l'auteur de la sagesse parmi des illettrés. Celui qui donne à tous leur nourriture prenait sa nourriture à la même table que ses disciples, et celui qui procure la subsistance à l'univers recevait lui-même sa subsistance.

Et il ne se contenta pas de faire à ses serviteurs l'immense faveur de se mettre à table avec eux. Pierre, Matthieu et Philippe, hommes de cette terre, étaient à table avec lui: Michel, Gabriel et toute l'armée des anges se tenaient à ses côtés. Combien cela est admirable! Les anges se tenaient près de lui avec crainte, les disciples étaient à table avec lui dans la plus grande familiarité.

Et cette merveille ne lui suffit pas, mais, dit l'évangile, il se leva de table. Celui qui est drapé du manteau de la lumière (Ps 103, 2) était revêtu d'un manteau; celui qui ceint le ciel de nuées se noua un linge à la ceinture; celui qui fait couler l'eau des lacs et des fleuves versa de l'eau dans un bassin. Lui, devant qui tout s'agenouille aux cieux, sur terre et dans l'abîme, lava, à genoux, les pieds de ses disciples.

Le Seigneur de l'univers lava les pieds de ses disciples. Il n'offensa pas sa dignité, mais montra son immense amour pour les hommes. Pourtant, quelque immense que fût cet amour, Pierre n'oublia pas la majesté du Seigneur. Aussi bien, l'homme que son ardeur portait toujours à croire, fut également prompt à reconnaître l'exacte vérité. Les autres disciples, non par indifférence mais par crainte, laissèrent le Seigneur leur laver les pieds, et ne trouvèrent rien à redire. Mais le respect empêcha Pierre de le laisser faire, et il dit: Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds! Tu ne me laveras pas les pieds; non, jamais! (St Jn 13,8).

Pierre parla avec beaucoup de rudesse. Il jugeait bien, mais, ignorant la façon dont Dieu agit, c'est par esprit de foi qu'il refusa; puis il obéit de bon coeur. Vraiment, le fidèle chrétien doit se comporter ainsi; il ne doit pas s'obstiner dans ses décisions, mais céder à la volonté de Dieu. Car, si Pierre a exprimé son opinion d'une manière tout humaine, il s'est repenti par amour de Dieu.

[...]

Et pourquoi leur a-t-il lavé uniquement les pieds? C'est en raison des voyages que devaient faire les Apôtres. En lavant leurs pieds, non seulement il les a nettoyés, mais il a encore affermi les pas des saints. Cette belle ablution des pieds, Isaïe l'avait vue bien des siècles auparavant. Sachant qu'elle n'était pas une ablution humaine mais une divine purification, il avait proclamé d'une voix éclatante: Qu'ils sont beaux, les pieds des messagers de la bonne nouvelle, des messagers de paix (Is 52,7)! Le Sauveur a touché leurs pieds, faits de limon, pour les rendre forts, car ils devaient parcourir toute la terre qui est sous le ciel. "
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 01:10

 

" Jésus, hostie, sacrifice, bienfait et grâce de salut; Jésus, confiance assurée, refuge inébranlable : pour racheter le genre humain de sa captivité, pour anéantir les crimes dont nous étions coupables, pour nous unir à Dieu et nous combler de ses dons, vous n'avez point refusé de souffrir les chaînes, les fouets, les meurtrissures. Vous avez accepté la croix et ses ignominies, ses tourments et ses plaies. Et alors qu'elle vous recevait, alors que vos ennemis frémissaient contre vous, que le marteau frappait et que les clous déchiraient votre chair, que la douleur se faisait sentir plus atroce, que votre sang adorable coulait en abondance, que la souffrance vous oppressait et que votre angoisse s'aggravait, vous avez supplié votre Père de pardonner à vos ennemis, à ceux qui vous attachaient; vous l'avez conjuré en faveur de leur ignorance, et vous lui avez dit : Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (Lc 23).


 

 O douce patience ! ô mansuétude ineffable, clémence infinie, bonté sans limites ! Comme une brebis pleine de douceur, vous ne laissez échapper aucune plainte; comme une mère pleine de tendresse, vous excusez l'injure dont on vous couvre ; comme l'âme dont la bonté est inépuisable, vous gardez toute votre bienveillance; comme celui dont la volonté est d'une tendresse sans bornes, vous ne mettez en avant que la miséricorde. L'espérance de nos cœurs se tourne vers vous ; vers vous montent nos soupirs, vers vous coulent nos larmes, vers vous s'élèvent nos désirs, et nous crions avec confiance : Seigneur, daignez nous pardonner.

 
 


Jésus, auteur de tout pardon, consolation de ceux qui pleurent ; Jésus, gloire de notre repentir, espoir des pénitents : alors que, suspendu sur la croix, vous étiez associé au supplice de deux scélérats, l'un d'eux s'élevait contre vous, vous blasphémait injurieusement, et vous disait (Lc 23) : « Si tu es le Fils de Dieu, sauve-toi et sauve-nous en même temps ; exerce à ton égard la puissance que tu montras en sauvant les autres. » L'autre le reprenait, lui montrait sa folie, se déclarait coupable et vous suppliait en disant : « Souvenez-vous de moi lorsque vous serez parvenu en votre royaume, en ce royaume plein de douceur, lorsque vous vous montrerez roi. »  

Et vous, Seigneur, qui aimez le repentir et y attirez les cœurs par votre grâce, vous ne vous êtes point contenté de lui promettre un souvenir, mais vous l'avez assuré de votre gloire, et vous lui avez dit : « Oui, je vous le promets, vous serez avec moi dans la gloire. »

 

O charité empressée de mon Dieu! miséricorde diligente, libéralité sans retard, munificence vraiment prompte, c'est vers vous que s'élance notre ferveur, vers vous que se, tourne notre pensée, devant vous que nous confessons nos fautes et que nous ouvrons le fond de nos cœurs.

Nous vous supplions avec confiance, vous qui, seul, êtes sans péché et pur de tout crime, et nous vous disons : Souvenez-vous de nous, Seigneur , dans votre patience. "

 

                                       St Bonaventure

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 00:14

« Le Christ, qui est ta vie, est accroché devant toi, pour que tu regardes dans la croix comme dans un miroir. Là tu pourras voir combien tes blessures furent mortelles, aucune médecine n'aurait pu les guérir, si ce n'est celle du sang du Fils de Dieu. Si tu regardes bien, tu pourras te rendre compte à quel point sont grandes ta dignité humaine et ta valeur... En aucun autre lieu l'homme ne peut mieux se rendre compte de ce qu'il vaut, qu'en se regardant dans le miroir de la croix »

 

St Antoine de Padoue


(Sermones Dominicales et Festivi III, pp. 213-214).

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 00:06

pour suivre avec encore plus d'amour Jésus qui monte vers le Calvaire, voici un extrait de la Légende Majeure de St François, lui qui a tant appris en contemplant le Mystère de la Croix!

 

" L'homme de Dieu se retira donc avec ses compagnons près d'Assise, dans une misérable hutte abandonnée; et là ils vivaient selon les règles de la sainte pauvreté, dans un travail pénible et une grande détresse. Leur nourriture consistait plutôt dans l'abondance de leur larmes que dans un pain délicieux. Leur prière était continuelle et fervente; mais ils priaient plus de coeur qu'autrement, car ils manquaient encore de livres; et ainsi il leur était impossible de réciter l'office de l'Eglise. Leur livre unique était la croix de Jésus-Christ, et leurs yeux la contemplaient sans interruption le jour et la nuit à l'exemple de leur père, qui , de son côté, les entretenait sans cesse de cette croix bienheureuse.

Lui ayant demandé un jour de vouloir bien leur enseigner à prier, il leur dit : « Lorsque vous prierez , dites : Notre Père qui êtes dans les cieux , etc. Seigneur Jésus, nous vous adorons dans toutes les églises consacrées à votre gloire dans l'univers entier, et nous vous bénissons de ce que vous avez racheté le monde par votre croix sainte. Il leur apprit aussi à louer le Seigneur en toutes choses et par toutes ses créatures , à avoir pour les prêtres un respect particulier , à croire inviolablement et à confesser en toute simplicité la foi professée et enseignée par la sainte Eglise romaine. Fidèles aux enseignements de leur bienheureux père, d'aussi loin qu'ils apercevaient une église ou une croix , ils se prosternaient et priaient selon la méthode indiquée par lui."

 

 

et en bonus (!)... un extrait d'un sermon de St Augustin sur la Passion de Jésus :

"La passion de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ nous garantit la gloire et nous enseigne la patience. [...] Par conséquent, nous ne devons pas rougir de la mort de notre Seigneur; bien au contraire, nous devons y mettre toute notre confiance et y trouver toute notre gloire. Du fait même qu'il recevait de nous la mort qu'il trouvait en nous, il nous a promis, dans sa grande fidélité, de nous donner en lui la vie que nous ne pouvons pas tenir de nous."

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:00
sixième partie de ce programme spécial carême:
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 Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit « Tout est accompli », il baissa la tête et remit son esprit.  Jn XIX,30

    Jésus est en train d’agoniser sur la croix et annonce l’accomplissement des Ecritures. Dans sa vie publique il déclarait que le royaume de Dieu était tout proche.

Maintenant il proclame que le salut est donné. Dieu avait promis depuis longtemps la délivrance de son peuple, par ses prophète il avait montré son désir de sauver tout les hommes, leur révélant progressivement à travers les Ecritures qui il était et comment surviendrai le salut, comment le prix du péché serait payé et comment l’homme serait délivré de ses enfermements :
    Isaïe s’exclamait  « C’est pourquoi le Seigneur lui même vous donnera un signe : voici, la vierge est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. » (Is 7,14), il annonce aussi la croix a travers le chant du serviteur souffrant en Is 52,13 –53,12, Michée annonçait sa naissance à Bethléem (Mi, 5 1-3), et tant d’autres, toutes les écritures étant annonce de la figure du Christ.

Les juifs qui étaient pétris de cette Parole vivait dans l’attente ardeur de ce Messie qu’il ne comprenait pourtant pas. Et voici que la Parole s‘accomplit à travers  le Verbe incarné qui accepte de mourir sur la croix pour nous et nous donne alors la liberté, pour nous réconcilier à son Père, que nous puissions vraiment vivre en Fils de Dieu.


Les pères de l’église parlent souvent du  « lit de noces de la croix », pour montrer comment Dieu dans son amour a épousé notre humanité, pour l’unir à Lui. Là est donné le baptême qui nous fait entrer dans l’Eglise du Christ, baptême de l’eau et de l’esprit. Là se remporte la victoire sur tout mal !

Baptisés en Jésus, nous nous découvrons Ses frères et Il nous a ouvert le ciel. Nous faisons partie de l'Eglise, épouse et corps du Christ. Membres de Son corps, appelés à lui ressembler, en participant à Sa Gloire et à Ses oeuvres: cela passe aussi par sa croix, amour qui se livre jusqu'au bout. Il l'avait bien compris François, qui dans son amour fou du Christ voulut lui ressembler autant que possible, être au plus proche de Lui, d'esprit, ce corps, de coeur et d'âme, faisant Les oeuvres de Dieu et non les siennes, et Dieu lui fit le don des stigmates. François qui priait pour que lui soit accordé autant que possible d'aimer autant que Jésus avait aimé, et de souffrir autant qu'Il avait souffert reçut de Dieu de porter les marques de la croix dans sa chair même, pour ressembler encore plus au Crucifié tant aimé. 

 Voici Jésus mourant sur la croix, immolé pour nos péchés, en lui, les Ecritures anciennes ne sont pas abolies, mais pleinement accomplies et révélées: par l'Amour et dans l'Amour.




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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 15:00
cinquième partie de ce programme spécial carême:

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Puis sachant que tout était accompli désormais, Jésus dit « J’ai soif ». Un vase était là, plein de vinaigre. Une éponge pleine de vinaigre fut fixée à une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche. Jn XIX, 28-39

Voici Jésus, Lui qui se fait nourriture pour nous. Il est en train de mourir sur une croix, sous les injures et les insultes et dans d’atroces souffrances. Il meurt pour nous, rejoignant toute les souffrances humaines, et rachetant toutes nos fautes en s’offrant lui-même. Jésus qui est Dieu, que nous dit-il de lui-même à travers cette cinquième parole : « J’ai soif »?

   Dieu, qui est l’eau vive (Jn 4) et fontaine de vie, le voici cloué sur une croix et brûlé par la soif. Dieu qui brûle d’amour pour nous sur la croix, assoiffé d’une réponse, d’un accueil de notre part à Son amour offert. Soif de notre bonheur. Dieu qui a choisi d’avoir soif de notre amour, d’avoir besoin de nous.
Car Dieu a choisi, dans sa toute puissance, de passer par nous. Et dans sa soif de voir Son amour connu de chacun, il nous prend pour intermédiaire.  J’ai soif des âmes, et moi comment répondrais-je à cet amour ? et accepterais-je de le porter autour de moi en le laissant aimer en moi, afin d’aimer comme lui aime ?
Comment récriminer contre le manque d’amour dans le monde, si moi déjà je refuse de l’accueillir et d’en être canal ?
 
Dieu choisit de manifester sa présence, son feu de façon privilégiée à travers la communauté des croyants, l’Eglise. « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples ».
Il appelle certains à se marier pour être foyer d’amour, à l’image de l’amour trinitaire, d’autres à se consacrer pour être signe du Royaume des cieux déjà présent sur cette Terre, et certains à être prêtres, pasteurs du peuple comme Jésus le fut, berger aimant attentif au troupeau se réjouissant de retrouver la brebis perdue, image de l’amour du Père, canal privilégié des sacrements, prêtres que Dieu appellent pour l’aider à assouvir sa soif des âmes. St François avait une grande vénération pour les prêtres, même les plus pécheurs, en raison de leur ministère (Adm 26,3). Benoit XVI nous a rappelé avec cette année du sacerdoce combien il était important de prier pour eux.

Et à ce cri d’amour du crucifié, moins une plainte qu’une révélation de cet amour qui embrase ses entrailles, « le zèle de ta maison me dévore » Jn 2, 17, quelle réponse trouve-t-il ? Un homme a pitié et lui tend une éponge, mais en même temps, craignant la réaction de son entourage devant son bon mouvement, il le raille « Laissez ! que nous voyons si Elie va venir le descendre » Mc 15, 35. Et il lui donne à boire un vinaigre qui désaltère mais ravive aussi les blessures. Nous aussi notre réponse n’est-elle pas souvent un peu tiède, soucieuse du regard des autres, nous agissons à moitié, inquiets de trop en faire, de trop aimer. Mais Dieu nous connaît et prend avec nos faiblesses, il est miséricorde. Qui sait si cet homme qui a tendu l’éponge à Jésus ne fut pas le centurion qui reçut la foi au moment de sa mort ? « Vraiment cet homme était le fils de Dieu ! » Mc 15, 39 !

Seigneur accorde-nous de répondre pleinement à ton amour, de le laisser nous saisir entièrement, en confiance et d’en être transparent pour le porter à tous.
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 15:00
quatrième partie de ce programme spécial carême:

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Quand il fut la sixième heure, l’obscurité se fit sur le pays tout entier jusqu’à la neuvième heure.
Et à la neuvième heure, Jésus clama d’un grand cri : « Eloï, Eloï, lama sabachtani ! » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné !» Mc 14, 33

   Dans les trois premières paroles du Christ crucifié éclatait toute Sa miséricorde. Mais voici que l’obscurité se fait sur tout le pays et vient la quatrième parole du Verbe incarné. Jésus s’écrie « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as tu abandonné ! »
    Ces paroles dans la bouche de Dieu… scandale incompréhensible! Mais scandale d’amour ! Nous voici face au mystère de l’incarnation, de Jésus pleinement vrai Dieu et pleinement vrai homme ! De Dieu qui accepte de s’anéantir dans la plus grande des souffrances jusqu’à cette croix ! C’est un mystère, qui transcende l’intelligence humaine. Tant d’hérésies se sont saisies de ces paroles dans leur incompréhension humaine.
  
    Dans ce mystère, la seule porte d’entrée c’est la foi. C’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. (1 Co 1,21) . Nous proclamons , nous un Christ crucifié », scandale pour les juifs et folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, juifs et grecs, c’est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu car ce qui et folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Co 1,23-25).


Voici Jésus qui va jusqu’au bout de l’amour, qui s’anéantit ! Scandale que nous retrouvons dans l’eucharistie. St François disait : « Les apôtres lorsqu’ils le voyaient de leurs yeux de chair , ne voyaient que sa chair, mais ils le contemplaient avec les yeux de l’esprit et croyaient qu’Il était Dieu. Nous aussi lorsque de nos yeux de chair nous voyons du pain et du vin, sachons voir et croire fermement que c’est là, réels et vivants, le Corps et le Sang très saints du Seigneur. Tel est en effet le moyen qu’il a choisi de rester toujours avec ceux qui croient en lui, comme il l’a dit lui même : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. » (1 Adm 19-22).

   Et la contemplation de ce mystère faisait jaillir de sa bouche d’innombrables louanges laissons nous aussi ses paroles inspirées, imprégnées d’amour par le saint Esprit dont il était rempli, descendre dans nos cœurs pour y faire monter la louange :
« Que tout homme craigne, que le monde entier tremble et que le ciel exulte, quand le Christ, Fils du Dieu vivant, est sur l’autel entre les mains du prêtre ! O admirable grandeur et stupéfiante bonté ! O humilité sublime et humble sublimité ! Le maître de l’univers, Dieu et Fils de Dieu s’humilie pour notre salut, au point de se cacher sous une petite hostie de pain ! Voyez frères l’humilité de Dieu et faites lui l’hommage de vos cœurs. Humiliez vous, vous aussi, pour pouvoir être exalté par lui. Ne gardez rien de vous, afin que vous reçoive tout entier, Celui qui se donne à vous tout entier. » (lettre à tout l’ordre)

Oui, scandale et paradoxe que cette quatrième parole du Christ ! Mais ce sont aussi les premiers verset d’un psaume que Jésus connaissait bien : le psaume 22, qui s’achève dans la louange à Dieu.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 15:00
troisième partie de ce programme spécial carême:
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« Près de la croix de Jésus se tenait sa Mère, la sœur de sa Mère, Marie femme de Cléopas et Marie de Magdala. Voyant sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : « Femme voici ton fils. » Puis il dit au disciple:  « Voici ta mère. » Lc 19, 25-27

Jésus est cloué sur la croix. Nu. Les soldats l’ont dépouillé de ses habits et sot en train de se les partager au pied de la croix. Mais lui se dépouille encore lui même de celle qui lui est la plus proche, sa consolation, sa Mère, Marie, l’Immaculée, dont le cœur unit au sien le comprend mieux que tout autre être humain.

Elle qui par sa compassion, dans ses entrailles de mère, partage extrêmement les souffrances de sa Passion. . Et Jésus la donne comme Mère au monde, au pied de la croix, il élargit ses entrailles maternelles aux dimensions toute l’humanité: « Femme, Voici ton fils ».  Cette humanité qu’il veut proche de Lui au point de lui donner sa Mère.

St Maximilien Kolbe, le célèbre saint franciscain, disait que nul ne peut se dire le frère de Jésus si il ne prend Marie pour sa Mère.


Découvrir la maternité de Marie ça change toute une vie spirituelle. St François l’appelle Vêtement de Dieu, tant par Son union totale à Sa volonté elle est transparente de Sa présence et Médiatrice de toutes Ses grâces, c’est à dire canal de Son Saint Esprit. Immaculée, tellement unie à Son Esprit que St Maximilien Kolbe déclare qu’elle est la « presque incarnation du Saint Esprit ».
    L’Esprit qui nous fait appeler Dieu Abba (=mon petit papa), nous fait aussi dire à Marie : Maman !

A ce moment où Jésus réenfante le monde sur la croix en lui donnant le Salut, il offre Sa mère comme participatrice à cette œuvre de miséricorde.

    En l’appelant « femme », il rend toute sa dignité à la femme, à travers celle qui est la femme par excellence, celle qui en est le plein épanouissement, d’une fécondité spirituelle universelle. Il la donne pour modèle. Marie enseigne à toutes comment laisser fleurir cette vocation de fille, de mère et d’épouse, comment être soi, de façon authentique et fidèle à ce qui nous habite profondément. Jésus, homme, il rachète le monde, mais y fait participer le cœur de Marie, transpercé par une épée.
     Il y a des différences entre la vocation d’homme et celle de femme, mais qui se complètent et se font grandir dans une synergie mystique. Relation que Dieu célèbre, illumine et transfigure à travers le don du sacrement du mariage. Un sacrement qui lui aussi contribue à sanctifier le monde entier dans son accomplissement.

      Marie, mère de Dieu et mère des hommes, vivante image de l’Eglise en dépit de ses imperfections terrestres. L’Eglise qui est l’épouse du Christ, par le lit de la croix. Le lieu ou s’épanche le cœur de Dieu en un ardent et surabondant torrent d’amour pour chaque être humain, pour chacun de ses enfants.




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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:00
Spécial carême 2
Deuxième partie de ce programme spécial carême:
la_passion_christ_blessures.jpg « En vérité je te le dis, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. »
Lc XXIII, 39-43


Car Jésus est un condamné parmi d’autres :  il est crucifié avec deux malfaiteurs. Il est considéré comme eux, aux yeux de la foule ils sont semblables. Torturé et accablé d’injures, Sa première parole était miséricorde, la seconde jaillit et ouvre les cieux. Les paroles de Jésus sont un débordement de Son coeur: elles nous disent un peu du coeur de Dieu!

Et à qui l’ouvre-t’elle en premier ? A un brigand condamné à mourir sur une croix, une des mort les plus honteuse et ignoble.
Mais cet homme à ses derniers instants est touché par le repentir et a un regard de foi :
En vérité avec lui même il reconnait ses erreurs , sa part de culpabilité.
Mais ce qui nous enseigne beaucoup plus c'est le regard de foi de ce mourant. Ce criminel voit mieux au moment de sa mort que les sages docteurs de la loi! Par la foi là où se dresse un homme condamné parmis les condamnés, il reconnait le Juste, l'Innocent. Plus grand encore, alors que Jésus est humilié, dénudé, recouvert de blessures et agonisant sur la croix, Il voit Celui qui ouvre le ciel, celui dont vient le Règne: souviens toi de moi dans ton royaume! Il voit Jésus sur la croix, et le reconnait Seigneur!

Il meurt mais croit que Dieu peut quelque chose pour lui au-delà de sa mort! Et Jésus qui s'est fait péché pour nous sauver, Lui qui se donne totalement répond à cette parole de vérité et de foi par la plus belle des promesses: dès aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis!  Car Dieu est miséricorde, et ne demande que le repentir sincère!
Le Paradis: instant d'union à Celui qui est l'Amour, instant qui ne finit jamais mais augmente sans cesse de Gloire en Gloire! Parce que ce criminel a accueilli dans son coeur la vérité et la foi qui voit au-delà des apparences de ce monde, et qui le fait entrer dans une vérité plus grande!

"Aujourd'hui, tu seras". Au futur, car les cieux nous sont ouvert par le sacrifice du Christ. Il faut d'abord que tout soit accompli.

Nous voici devant la première extrême onction: où un mourant se repent pleins de foi se confie à Dieu, lequel s'offre et se donne pour lui tout entier: et Dieu dans Son amour infini se réjouit de le mener aux cieux!


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