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blog de la fraternité Saint François

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le Saint Curé d'Ars

Puisque vient de s'ouvrir l'année sacerdotale, voici une petite biographie de Saint Jean Marie Vianney, afin de se remémorer le beau témoignage de ce prêtre français à qui Benoit XVI a confié cette année.

Avec pour commencer deux paroles édifiantes qu’il nous a laissées :

« La meilleure manière d’entendre la Sainte Messe est de s’unir au prêtre dans tout ce qu’il dit, de le suivre dans toutes ses actions, autant qu’on le peut ; et de tâcher de se pénétrer des plus vifs sentiments d’amour et de reconnaissance ; il faut bien conserver cette méthode. »

Et aussi :

« Si l'on nous disait : "A telle heure, on doit ressusciter un mort", nous courrions bien vite pour le voir.

Mais la consécration qui change le pain et le vin en corps et en sang d'un Dieu, n'est-ce pas un bien plus grand miracle que de ressusciter un mort ? »

Né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon, dans une famille de cultivateurs, Jean-Marie Vianney est dès tout petit d’une piété exemplaire : avant de lui donner sa soupe, sa mère lui faisait toujours faire le signe de la croix. « Un jour, elle l'oublia ; l'enfant ne voulut pas manger et il caressait les mains de sa mère, comme pour lui demander quelque chose. Elle comprit à la fin, lui fit faire le signe de la croix et il mangea sa soupe de bon cœur ».

 Sa sœur racontera aussi l’anecdote suivante : « Il avait à peu près trois ans, lorsqu'un soir il disparut, sans qu'on pût savoir ce qu'il était devenu. Comme il y avait une pièce d'eau à côté de la maison, ma mère craignit un malheur et fit même rechercher si l'enfant ne se serait pas noyé. Lorsqu'elle alla à l'étable, elle entendit le chuchotement de quelqu'un qui prie. C'était Jean-Marie qui, caché entre deux vaches, et à genoux, faisait dévotement sa prière ».

Il avait aussi une petite statue de la Ste Vierge qu’il emmenait partout, notamment quand il allait faire paître les bêtes avec sa sœur. Souvent il la laissait seule pour dire le chapelet devant la petite statue, bien entendu décorée par ses soins de petites fleurs ! Il apprend aussi aux bergers des alentours les prières que sa maman lui a enseignées ou ce qu’il a entendu pendant les messes célébrées dans les granges. Et, en plein contexte de Révolution française, au moment où les églises sont fermées, les calvaires sur les chemins renversés, les prêtres interdits… il emmène les enfants avec lui pou faire des processions en récitant le chapelet !

C’est dans ce contexte que Jean-Marie fait sa première communion, en cachette, dans une ferme d'Ecully avec 15 autres enfants. Devant les fenêtres, on a placé des charrettes de foin. Pendant toute la cérémonie, des hommes travaillent à les décharger pour donner l’alerte au moindre souci. Les volets sont bien clos pour que la lumière des cierges ne soit pas aperçue du dehors. Jean-Marie fait sa première communion avec beaucoup de foi. Plus tard il dira : « Ô mon Dieu, quelle joie pour un chrétien qui, en se levant de la Table sainte, s'en va avec tout le Ciel dans son cœur

A 17 ans, il voudrait déjà répondre à l'appel de Dieu : « Je voudrais gagner des âmes au Bon Dieu ».

Mais pendant deux ans, son père ne le laisse pas se préparer au sacerdoce : il a besoin de lui pour travailler à la maison. A 20 ans, son père cède et il commence à se préparer au sacerdoce auprès de l'abbé Balley, curé d'Ecully.

Les études se révèlent bien difficiles, l’apprentissage du latin surtout. Pourtant ses camarades l’aident beaucoup. Mais quand il apprend le soir, il a oublié le lendemain matin… Il se décourage mais l’abbé Balley lui dit de tenir bon ! Et au fond, devenir prêtre reste son seul désir. Alors, il décide de faire un pèlerinage au tombeau de St François-Régis pour qu’il intercède pour lui, pour « lui accorder la grâce de savoir assez le latin pour faire sa théologie.» Et le voilà revenu à Ecully avec plein de courage pour ses études !

Maintenant, c’est l’armée qui le réclame… et il devient déserteur sans tout à fait faire exprès ! Ceci dit, pendant un an, il se retrouve loin d’Ecully ce qui retarde un peu ses études de théologie. Mais il y revient et un an après, l’Abbé Balley le présente au petit séminaire de Verrières, à la Toussaint 1812. Les difficultés recommencent parce qu’il a bien du mal à suivre les cours en latin et ses camarades, plus jeunes que lui, se moquent souvent de lui… Au bout de six mois, on lui dit même qu’on ne peut pas le garder. Alors l’abbé Balley l’encourage encore et il persévère.

Enfin le 13 août 1815 le voilà devenu prêtre ! et vicaire auprès de son cher curé d’Ecully. Celui-ci mourra 6 mois plus tard.

Jean-Marie est alors nommé curé d’Ars et le vicaire général lui dit à ce propos : « Elle n'est pas riche, la paroisse, Monsieur l'abbé. On n’y aime pas beaucoup le bon Dieu. Vous aurez bien du mal, mais vous y ferez aimer Dieu, n'est-ce pas ?»

[Alors, pour information, Ars, c’est à environ 35 km au nord de Lyon ! si si !]

Le curé rentre dans son presbytère et commence par y enlever tout ce qui est encombrant : fauteuils, chaises, lit à baldaquin, tellement heureux de s’être dépouillé de toutes ses richesses !

Les visites aux paroissiens commencent et le curé d’Ars découvre de belles âmes mais aussi un village où nombreux sont ceux qui travaillent le dimanche, où les jeunes, et en particulier les jeunes filles, sont passionnés par les danses et les balles… On boit beaucoup, on jure aussi à Ars…

Beaucoup de travail pour le saint curé ! Ah, comment s’y prendre ? eh bien, en priant ! très tôt le matin, Jean-Marie supplie le Seigneur de prendre pitié de ses paroissiens et de les convertir.

Et aussi en faisant son pénitence. Par exemple, il donne son matelas aux pauvres et dort sur une paillasse, il mange si peu qu’une paroissienne, Mlle d’Ars dira : « Nous sommes les enfants gâtés de la Providence. Je n'ai pas connu de prêtre aussi pieux que lui ; il est continuellement à l'église, offrant à Dieu l'encens de ses prières ; à l'autel, c'est un ange, un séraphin ; en chaire, ce n'est pas vrai, un orateur comme M. Berger, mais c'est un homme pénétré de l'amour de Dieu. Il ne mange presque rien ; je crains que ce genre de vie n'abrège ses jours. Priez Dieu qu’Il le soutienne et nous le conserve longtemps ».

Et aussi, après ses nombreuses heures de prière et pénitences, il agit ! Il souhaite que les habitants d’Ars aiment le Bon Dieu. Oui, mais comment L’aimer si on ne le connaît pas ? Alors il organise des cours de catéchisme tous les matins à 6h pour les enfants avant que ceux-ci n’aillent à l’école ! Et il y a aussi le catéchisme pour les adultes, juste avant les vêpres tous les dimanches ! Les cabarets ferment les uns après les autres (il y en a quatre pour 200 habitants !) pour devenir au bout de quelques années, des auberges pour les pèlerins de passage. Les bals sont peu à peu désertés et les jeunes filles se réunissent pour prier. Les hommes aussi se rassemblent. Et l’habitude de la prière en commun se développe jusqu’au moment où tous les soirs aura lieu la prière à l’église du village, au moment où tous rentrent des champs.

Il est temps maintenant de donner aux enfants une école pour leur village. Et surtout de fonder un foyer pour toutes les petites filles orphelines, « la Providence »… et nourrir 60 bouches, ce n’est pas évident tous les jours. Mais la Providence est à l’œuvre ! Un jour où il n’y a pratiquement plus de farine, il dit à la boulangère inquiète de pétrir son pain en paix. Et le pétrin se trouve rempli ! Une année (en 1829), la récolte a été mauvaise. Le grenier du presbytère qui contient le blé pour les orphelines est vide ou presque. Le saint curé ramasse les grains et en fait un petit tas. Au beau milieu, il place les reliques de St François-Régis et il se met à prier. Au bout d’un moment, il demande à une des enfants de monter voir dans le grenier et celle-ci peine à pousser la porte parce que le grenier est… plein de grains !

Le saint curé déjeune souvent à La Providence puis passe la récréation avec les jeunes filles. Il leur raconte les évangiles ou l’histoire des saints. Et quand il n’est pas à La providence, c’est qu’il rend visite aux familles ou aux malades et éclaire les conversations à la lumière du Bon Dieu. La vie à Ars a bien changé depuis que le saint curé est là… les habitants sont si heureux !

Très rapidement, de nombreux pèlerins (jusqu’à 120 000 en une année) viennent se confesser auprès de lui et trouvent le pardon de Dieu et la paix du cœur. Régulièrement, il passe 18 heures dans la journée dans son confessionnal… « La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage. »

Son unique souci, son idée fixe est le salut des âmes.

Il a aussi le charisme de lire dans les cœurs… si certains n’ont pas confessé tous leurs pêchés, il le leur rappelle. Si certains sont pressés, comme un jour une maman de 16 enfants qui n’arrive pas à trouver de place dans l’église tellement elle était pleine, il les appelle en priorité. Les exemples sont si nombreux… comme un jour ce vieil homme interpelé par le curé pour qu’il se confesse : « Il y a longtemps que vous ne vous êtes pas confessé ? – Quelque chose comme 30 ans ! – Réfléchissez bien. Il y a 33 ans vous étiez à tel endroit. – Vous avez raison, Monsieur le Curé. – Alors, nous nous confessons maintenant, n'est-ce pas ? » Et le vieillard accepte et repart en paix ! Même les prêtres affluent au confessionnal de Jean-Marie pour qu’il les aide dans leur mission sacerdotale.

Ses homélies parlent surtout de la bonté et de la miséricorde de Dieu. Solennisant un jour la fête du Sacré-Cœur, il s'exclame : « Aujourd'hui, notre Seigneur nous met sur son Cœur. Ah si nous pouvions y demeurer ! … Ô Cœur de Jésus, Cœur d'amour, fleuve d'amour ! Le cœur, c'est tout ce qu'il restait d'entier dans le Saint Corps de notre Seigneur après que Longin l'eût percé pour en faire sortir l'amour. Si nous n'aimions pas le Cœur de Jésus, qu'aimerions-nous donc ? Il n'y a que l'amour dans ce Cœur. Comment ne pas aimer ce qui est si aimable ? … Ô Jésus, Vous connaître, c'est Vous aimer. Si nous savions comment notre Seigneur nous aime, nous mourrions de plaisir. Je ne crois pas qu'il y ait des cœurs assez durs pour ne pas aimer en se voyant tant aimés. C'est si beau la charité ! C'est un écoulement du Cœur de Jésus qui est tout amour. »

Mais tout cela ne va pas sans les combats…  dès 1824, il est harcelé par le démon qu’il appellera le « grappin ». La nuit, le presbytère retentit de bruits bizarres, la porte est comme frappée très lourdement mais malgré tout cela le curé dira : « J'étais tourmenté le jour par les hommes, la nuit par le démon, et cependant j'éprouvais une grande paix, une grande consolation ». Et même « Le "grappin" est en colère. Tant mieux. Ce sont probablement des pécheurs qui se dirigent vers Ars. ».

Peu à peu sa santé s’affaiblit, à force de pénitence, de manque de sommeil, de fatigue. Et aussi la vieillesse pèse sur ses épaules. Le jeudi 4 août, le saint curé meurt. A son enterrement, sont présents 6000 fidèles et 300 prêtres pour prier celui que tous appellent déjà le « saint ».

Il est canonisé en mai 1925 par Pie XI puis proclamé en 1929 patron de tous les curés du monde entier.

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