court extrait de la présentation de la desnire encyclique du pape "la Charité dans la Vérité" par le cardinal André Vingt-Trois:
La troisième encyclique de Benoît XVI m'apparaît d'abord comme un formidable message d'espérance que le Pape veut adresser aux catholiques et, plus largement, à "tous les hommes de bonne
volonté", selon la formule consacrée, c'est-à-dire à tous ceux qui sont intéressés par des réflexions inspirées par la foi chrétienne et qui sont disposés à les accueillir sans a priori
négatif.
Ce message d'espérance est le suivant: l'humanité a la mission et les moyens de maîtriser le monde dans lequel nous vivons.
Non seulement elle n'est pas soumise à une
fatalité, mais encore elle peut transformer ce monde en agissant sur les événements ou leurs conséquences, et elle peut faire progresser la justice et l'amour dans les relations humaines, y compris
dans le domaine social et économique, et même dans une période de crise comme celle que nous connaissons. Ce message d'espérance n'est pas évident dans une société qui s'est
considérablement complexifiée et dans laquelle les centres de décision semblent parfois se diluer et échapper aux contrôles démocratiques et politiques. Et que dire de l'impression ressentie par
nombre de nos contemporains de n'avoir aucune prise sur les événements qui conditionnent leur vie, y compris dans des régimes démocratiques comme le nôtre.
Cette espérance se fonde sur une conviction: dans l'univers, tout être humain a une dimension particulière qui lui permet de n'être pas soumis à la domination mécanique des phénomènes,
qu'ils soient naturels, économiques ou sociaux. Chacun assume cette dimension particulière dans la mesure où il reconnaît que l'accomplissement de ses potentialités se reçoit dans une relation à
autrui: l'homme est essentiellement un être de relation, un être social. Mais il faut encore aller plus loin. L'être humain s'accomplit dans la relation à un plus grand que lui, un Absolu, plus
grand que chacune de nos existences. En effet, tout homme, qu'il soit croyant ou non, doit bien, ultimement, prendre position sur la question d'un jugement moral qui dépasse ses intérêts
particuliers et dont sa conscience est le témoin. Bien sûr, pour les croyants, cette référence à une transcendance a un nom, c'est Dieu. Cette référence à une transcendance est le fondement d'une
conception anthropologique qui donne sa pleine dimension à la liberté et à la responsabilité humaines.
Si je voulais maintenant entrer dans la lecture de ce livre de plus de cent pages, la soirée n'y suffirait pas. Il ne faut évidemment pas y chercher un catalogue de solutions aux questions
lancinantes de notre situation présente, mais sur beaucoup de sujets de la vie sociale, l'encyclique apporte une stimulation pour exercer le jugement moral et pour mettre en œuvre les critères de
ce jugement. C'est d'ailleurs pour répondre à cette stimulation que je vous ai invités ce soir, responsables du monde politique, économique et social.
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