La question du rite liturgique sera décidément au centre du pontificat de Benoît XVI. La Congrégation pour le Culte divin travaillerait
actuellement à en repréciser le rite ordinaire (missel de Paul VI). C'est du moins ce que révèle le vaticaniste célèbre Andrea Tornielli, dans le Giornale du 22 août. Les membres de
la congrégation (qui auraient voté le document à la quasi unanimité) auraient notamment proposé que le célébrant se tourne à nouveau vers l'Orient (position « dos au peuple »), au moins à
l'instant de la consécration eucharistique, et que que soit réaffirmée la priorité de la communion dans la bouche sur la communion dans la main. Le missel pourrait être modifié dans sa partie
introductive pour éviter les variations, et serait publié avec le texte latin en regard, ce qui permettrait la célébration en latin au moins pour les grandes fêtes. L'idée étant de redonner au rite une sacralité qui lui ferait défaut, et aux fidèles, le sens de l'adoration eucharistique.
C'est bien cette direction qu'indiquait le pape, lorsqu'il écrivait en 2007 aux évêques, dans le cadre de son moto proprio de libéralisation de la messe ancienne, que « dans la célébration
de la Messe selon le Missel de Paul VI [début Vatican II], on pourra voir se manifester, de manière plus forte que ce qui a souvent cours jusqu'à présent, cette sacralité qui attire beaucoup de
gens vers l'ancien usage ». Car «la célébration avec un grand respect, et en conformité avec la prescription» est « la garantie la plus sûre que le Missel de Paul
VI puisse unir les communautés paroissiales et devienne aimé d'elles » .
Communier dans la main, une habitude bientôt dépassée ?
Les partisans de la communion dans la bouche estiment qu'elle manifeste davantage la croyance en la présence réelle du Christ. Mais ils évoquent également des questions plus pragmatiques : limiter
les risques d'effritement et de perte de parcelles d'hostie consacrée; éviter aussi que l'hostie puisse être emportée et éventuellement détournée à des fins sataniques. Plus spirituel est
l'argument qui s'attache à ce rite parce qu'il conduit à ouvrir la bouche pour se laisser nourrir par Dieu comme un enfant.
En 1969, l'instruction Memoriale Domini a établi que la communion dans la bouche demeurait la règle, mais que sur demandes des Conférences épiscopales, et avec les précautions de
catéchisation des fidèles qui s'imposent, le Vatican pouvait accorder l'autorisation aux évêques de faire donner sur leur territoire la communion dans la main. Sur le plan juridique, la communion
dans la main est donc censée être un « indult » (une exception) à la règle générale en vigueur.
Ajouté à celà et toujours concernant l'actualité,
Le Cardinal Juan Luis Cipriani, Archevêque de Lima (Perou), grande figure de l'Eglise, a demandé au cours d'une récente homélie que les fidèles se mettent désormais à genoux pour recevoir la Sainte
Communion directement dans la bouche. Le Cardinal a aussi demandé que, conformément aux règles données dans le missel romain actuel, l'usage de la patène soit rétabli."
Il y a quelques temps, le Cardinal de Bologne avait demandé presque la même chose. En avril, le Cardinal Antonio Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des
Sacrements, a rétabli le banc de communion dans la cathédrale de Tolède et a encouragé les fidèles à recevoir la sainte communion à genoux et sur la langue. On peut certainement y voir une
conséquence de l'exemple donné par Benoît XVI.